ART-6003 | #perdu_bilan


Participer à brouiller les frontières entre espaces numériques et physiques pour faire ressortir leur caractère interrelié

Puisque mon projet se passe à la fois en ligne et hors ligne (si c’est même possible d’être hors ligne), je me questionne sur la possibilité de faire se promener les gens du web sur le terrain et vice versa. J’ai remarqué (à travers d’autres projets) que cette mouvance n’est pas si évidente. Une projet comme Le tatouage collectif de la marche à l’amour, par exemple, s’articule autour d’une communauté en ligne, mais lorsque j’ai invité les gens à se rencontrer dans un espace physique en formule 5@7, il y avait à peine 6-7 personne au rendez-vous (sur plus d’une centaine de participants). À l’inverse, dans un projet comme Le parcours géopoétique de Saint-Michel, une communauté de 5-6 promeneurs se sont appropriés le projet en voulant multiplier les marches dans le quartier, sans nécessairement s’intéresser au parcours qui existait en ligne via une application mobile. Certains gens se mobilisent en ligne ou sur le terrain autour d’un projet, mais rarement dans les deux espaces. Je me questionne à savoir si certaines personnes de la communauté en ligne iront marcher dans les ruelles et si les habitants des dites ruelles, auront la curiosité de visiter le site et l’application (inscription du nom du site et de l’app GuidiGO sur les affiches et sur les cartes postales laissées dans les croque-livres des ruelles). Va savoir. Difficile d’évaluer si les espaces fonctionneront comme vases communicants dans le cadre de ce projet-ci. À noter qu’une cinquantaine de personnes ont visité la page WP, mais que je n’ai pas accès aux statistiques de l’application mobile. Pour ce qui est du terrain, les affiches sont très colorées, de manière à attirer l’attention des nombreux passant/habitants des ruelles. Elles ont été placées près des croque-livres pour favoriser l’intérêt envers ces dernières.

Déployer l’écriture dans l’espace pour participer à sa construction

Dans l’article de Vitali-Rosati/Monjour à propos du projet de recherche-création sur la Transcanadienne, les auteurs mentionnent l’importance de trois éléments qui ont retenu plus particulièrement leur attention « le rôle majeur joué par la littérature dans la construction du territoire, la capacité des outils numériques à se laisser détourner et, enfin, le caractère décisif de la communauté des internautes dans la réussite de l’entreprise d’éditorialisation. » Les trois points m’ont portée à réfléchir, mais plus spécifiquement le troisième (le caractère décisif de la communauté des internautes dans la réussite de l’entreprise d’éditorialisation). Comme je comprends l’importance de la participation de la communauté dans tout projet d’éditorialisation, j’ai commencé à parler de mon projet en ligne avant même de mettre les affiches en place (via fb, Instagram et Twitter) pour voir comment la chose était reçue (ou pas). Mes publications en ligne et les affiches elles-mêmes contenaient des appels à l’action, où j’exhortais non seulement à aller marcher et voir l’exposition, mais aussi à m’écrire et à m’envoyer des photos, à documenter donc les promenades. Je ne voulais pas faire de ce projet un projet de médiation (comme je l’ai fait dans le passé), mais je voulais susciter des interactions autour du projet. Deux voisins et une amie m’ont montré et fait suivre des photos prises par eux des affiches et-ou des ruelles du projet. À noter que de nouvelles fausses affiches « perdu » sont apparues à proximité de ma propre affiche dans la #ruelleDeLaBaignoire.

Observer comment la mémoire et l’éphémère cohabitent à travers ce qui disparaît et les traces qui persistent des interventions

Je le mentionnais plus haut, la vie est une succession de petites pertes, de cailloux lancés sur la route pour retrouver son chemin, de traces et de disparitions, de rencontres entre la mémoire et l’éphémère. Les affiches ont été faites en papier (comme les affiches présentes dans les ruelles). Je les ai recouvertes d’un vernis pour prolonger un peu leur durée de vie, mais elles n’ont pas été conçues pour avoir une longue durée de vie. Ainsi je pourrai observer comment les affiches disparaissent tranquillement, comment la météo et le temps auront raison d’elles. Elles finiront par perdre leurs couleurs, puis les mots s’effaceront… donc d’autres textes apparaîtront…

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