COM-6341 Médias, sexe et genre (A-2016)

Cours essentiel et confrontant, qui abordait les questions d’identités-et-de-représentations de sexe et de genre selon des perspectives théoriques féministes et queer. Différents aspects étaient abordés d’une semaine à l’autre (la voix, les études intersectionnelles, la sexualité, la pensée queer, le regard, le corps, le genre et les technologies) et un corpus important de lectures obligatoires permettaient d’enrichir notre réflexion. Un cours dense, des réflexions entamées à poursuivre, des lectures à faire et l’envie de m’ouvrir à de nouvelles approches, discours, activismes, Plusieurs propositions de lectures intéressantes à ce propos sous le hashtag #SolsticeGenre sur twitter (un partage collectif de sources bibliographiques, qui abordent les questions de genre).

cyborg_wiki

Unknown Master, Italian|wikicommons

Dans cadre du cours, j’ai d’abord remis un tp, qui constituait une description-justification de la problématique du tp final. Et en cours de route, au fil de mes lectures et de mes recherches, j’ai découvert le collectif d’artistes subRosa, qui mariait arts et sciences, discours et performances, sérieux et ludique… je me suis donc intéressée plus spécifiquement au cyberféminisme.

** À noter que le travail final est classique dans sa présentation, parce que j’ai reçu quelques remarques à ce propos lors de la remise des travaux précédents dans ce cours (forme non-standard, caractère fragmenté des différentes parties du travail). J’oublie parfois que je suis à l’Université et que l’ensemble des cours ne font pas partie d’un programme d’édition numérique.

Voix incarnées sur le web
ou CORPoralité numérique
l’exemple de subRosa

Introduction

Si les discours/écritures participent à la construction des espaces et des individus, il me semble important de questionner comment les discours s’articulent dans les espaces numériques, comment ces « nouveaux » espaces de parole permettent (ou pas) aux individus une puissance d’agir (agentivité) et comment, certains discours numériques « natifs » (c’est-à-dire, discours créés en ligne) contribuent (ou pas) à déconstruire une conception binaire traditionnelle, du corps notamment.

Dans mon travail final je ferai d’abord un petit retour sur la notion de dualisme ou de binarité, j’analyserai plus spécifiquement la pratique artistique du collectif subRosa et conclurai avec un questionnement à propos de ma propre pratique d’écriture dans un contexte post-dualiste.

1. Introduction au concept de « corps » // Bordo, Grosz, Haraway

Dans son livre, Unbearable Weight : Feminism, Western Culture and the Body, Bordo introduit le concept de corps avec le poème The heavy bear de Delmore Schwartz. L’image de l’ours dans le poème, ce « bear » intégré dans le mot « unBEARable » (qu’on pourrait traduire par le terme « insoutenable ») nous renvoie à notre rapport ambigu au corps, espace de plaisirs et d’oppressions. Un ours maladroit… That inescapable animal walks with me, He’s followed me since the black womb held / Moves where I move, distorting my gesture, / A caricature, a swollen shadow (Bordo 1993, 1). Bordo utilise aussi l’image du « frère siamois » pour figurer ce rapport distant au corps (Bordo 1993, 2). Ce corps imaginé autre, duquel on ne peut jamais se séparer complètement, mais qui peut sembler demeurer toujours extérieur à soi.

BINARITÉ

« […] étant donné qu’un classement binaire ou dichotomique gouverne la raison occidentale et que, dans le paires binaires, des privilèges sont accordés à un terme au détriment de l’autre (l’esprit supérieur au corps, la culture supérieure à la nature, le moi supérieur à l’autre, la raison supérieure aux passions, etc.) […] parce que ces paires binaires fonctionnent en alignements latéraux, en corrélation croisée avec d’autres paires – notamment dans la distinction entre mâle et femelle – le corps a été et demeure étroitement associé à la femme et à la féminité, tandis que l’esprit est mis en rapport avec l’homme ou la masculinité. » (Grosz 1992, 53)

Cette dualité dans la représentation-conception du corps, qui s’inscrit dans une vision traditionnelle occidentale, en plus d’opposer le corps et l’esprit, met en opposition l’homme et la femme, associant l’esprit à l’homme et le corps à la femme. (Grosz 1992, 53). Grosz décortique cette vision binaire du corps en expliquant d’abord les deux grandes approches théoriques associées à ce dernier : le corps surface (Nietzsche, Kafka, Foucault, Deleuze) et le corps lieu (Merleau-Ponty et la psychanalyse). Ces deux approches, qui se placent d’un point de vue extérieur-intérieur ou intérieur-extérieur (Grosz 1994, v), participent à la construction d’une approche binaire étendue, qui va au-delà du corps, en mettant en opposition intérieur/extérieur, corps/esprit, sujet/objet (Grosz 1992, 54).

MANIFESTE DU CYBORG

« Récapitulons : certains dualismes constituent des traits persistants des traditions occidentales ; tous contribuent à la logique et aux pratiques du système de domination des femmes, des gens de couleur, de la nature, des travailleurs et des animaux; en gros à la domination de tout ce qui est autre et qui ne sert qu’à renvoyer l’image de soi. Les plus important de ces inquiétants dualismes sont les suivants : soi/autre, corps/esprit, nature/culture, mâle/femelle, civilisé/primitif, réalité/apparence, tout/partie, agent/ressource, créateur/créature, actif/passif, vrai/faux, vérité/illusion, total/partiel, Dieu/homme. Le Soi est ce Un qui ne subit pas la domination et qui sait cela grâce à l’autre » (Haraway 2007, 75)

À la même époque que Grosz, Haraway publie son texte incontournable Manifeste cyborg : science, technologie et féminisme socialiste à la fin du XXe siècle. Non seulement elle résume bien le problème de la vision binaire du corps (qui s’étend à toutes sortes d’autres concepts qui coexistent dans une relation dominant-dominé), mais elle réconcilie avec son approche du cyborg, à la fois humain et machine, à la fois technologies et corporalité, (j’y reviendrai).

À noter qu’Haraway réconcilie plusieurs autres notions présupposées en opposition : culture/ nature, réalité/fiction. En ce sens, l’article de Gardey, De la domination à l’action – Quel genre d’usage des technologies de l’information ? est éclairant et résume non seulement le rapport des femmes aux technologies selon un corpus de textes académiques de l’époque, mais constitue une fine analyse de l’apport d’Haraway à la réflexion féministe sur le genre et au postdualisme.

CYBORG

« Le cyborg, c’est donc nous, notre avenir, ce que nous sommes amenés à être et à devenir : « Un cyborg est un organisme cybernétique, un hybride de machine et d’organisme, une créature de la réalité sociale aussi bien qu’une créature de fiction » […] Intermédiaire entre nature et culture, entre biologie et technologie, entre matérialité et information, détaché des contraintes de la reproduction sexuée, le cyborg apparaît comme une figure inédite de l’expérience corporelle mais aussi de l’expérience sexuée : il permet de régler la question de l’adéquation du sexe au genre, en désindexant le genre des corps et de la régulation hétérosexiste des sexualités et apparaît donc comme un multiplicateur des identités – corporelles et sexuées – possibles. En tant que fiction ou qu’image condensée de la réalité matérielle et imaginaire, le cyborg apparaît comme une nouvelle forme du sujet, de l’expérience et de l’identité. » (Gardey 2003/4, 104)

Comme le souligne Gardey dans l’extrait ci-dessus, sortir de la pensée binaire est une façon de concevoir les rapports sexe-genre autrement et de souligner la complexité de l’identité individuelle en même temps que la diversité des identités collectives. « [L]e genre pourrait ne pas être une identité globale, après tout, en dépit de son étendue et de sa profondeur historique » (Gardey 2003/4, 107). Et c’est là que le texte d’Haraway (publié en 1991!) a une portée subversive et politique. Le cyberféminisme, qui naît au début des années 90, s’inscrit dans la lignée de ce texte fondateur.

ACTIVISME, ÉMANCIPATION, COMMUNAUTÉ

« Pour Sadie Plant, par exemple, l’internet ouvre la voie à un cyberféminisme capable d’échapper au système de contrôle patriarcal sur des organisations centralisées. Elle insiste sur le fait que l’internet dérange les structures de la société globale, offrant un pouvoir économique sans précédent aux femmes et démultipliant les possibilités de communication, d’apprentissage et d’accès à l’information. » (Gardey 2003/4, 95)

En plus de mettre l’accent sur la complexité des identités, Haraway met l’accent sur l’importance de s’associer, au-delà de nos différences, dans un espace communautaire construit autour d’affinités. L’espace numérique facilite les associations, en éliminant la distance et en offrant une vitrine aux paroles-projets-révolutions.

2. l’espace numérique comme lieu de production pour de nouvelles formes d’écritures et d’énonciations // Paveau, répertoire

Le web n’est pas seulement une vitrine pour des paroles/thématiques/représentations différentes, mais c’est un espace pour de nouvelles façons d’écrire et de nouvelles formes d’énonciations (Paveau 2014, Paveau 2014/15). On parle beaucoup du numérique, de comment les technologies modifient et bouleversent notre façon de lire[1], mais je trouve qu’on parle moins du comment les technologies modifient notre façon d’écrire[2]. Le numérique n’est pas juste une vitrine pour qui écrit, c’est une façon d’appréhender l’acte même d’écrire autrement et c’est un espace où de nouvelles formes de discours peuvent émerger. Je ne parle pas seulement d’un espace pour de nouvelles voix, mais d’un espace pour prendre la parole autrement (Paveau 2014).

J’ai d’abord élaboré un répertoire de sites (en annexes) qui fait l’inventaire de plateformes numériques construits autour de paroles/discours de femmes/féministes, avec une approche communautaire/collaborative/collective. Je m’intéresse particulièrement (mais pas que) aux plateformes où le corps est une thématique revendiquée. Le répertoire est partial, partiel et toujours en ébauche. Les plateformes sont, pour l’instant, majoritairement québécoises et francophones. Les groupes répertoriés sont divers (artistes, collectifs militants, organismes, fondations), mais ça manque, pour l’instant, de diversité. Certaines plateformes sont plus actives que d’autres. Ce répertoire constitue un point de départ à bonifier, afin de rendre compte de paroles de femmes et de représentations diversifiées. L’élaboration de ce répertoire m’a permis de découvrir le collectif d’artistes subRosa

3. L’exemple de subRosa

J’ai décidé de m’attarder plus longuement à la production (discursive, artistique, pédagogique) de subRosa à cause des liens de filiation théorique du collectif avec Haraway. Comme Haraway brouillait les frontières entre des concepts théoriques présupposés opposés, subRosa réconcilie des disciplines, des espaces (culturel, universitaire, numérique) et questionne la façon même d’appréhender les savoirs et la production de nouvelles connaissances. Le groupe marie sciences et arts, théorie et performance, dans une approche recherche-création, qui se déploie autant dans les milieux universitaires, communautaires, que culturels. SubRosa est associé au cyberféminisme[3] et leurs recherches/œuvres ont pour objet le corps, le travail et la vie des femmes, dans un contexte où les biotechnologies et les technologies digitales prennent de plus en plus de place. En ce sens, la pratique de subRosa s’apparente au bioArt, si ce n’est qu’elle s’inscrit avec une posture critique féministe affirmée. J’analyserai le contexte de production de leurs recherches/œuvres, ainsi que les aspects performatifs et l’agentivité d’un projet particulier.

CONTEXTE

SubRosa est un collectif d’artistes cyberféministes qui a pris naissance en 1998 à l’Université de Carnegie Mellon, en Pennsylvanie. Une Université d’élite axée sur les hautes-technologies. Le collectif est composé à la base de deux artistes : Faith Wilding et Hyla Willis, autour duquel ont gravité différentes personnes. Le collectif a été très actif au début des années 2000 pendant une dizaine d’années avec une pratique artistique performative, qui s’articulait autour de la question des corps et du travail des femmes en lien avec les biotechnologies. Leur site web documente l’ensemble des performances, des installations, des interventions, des ateliers et des publications du groupe. Le groupe questionne le concept même du corps et sa complexité dans un contexte « post-humain », en plus de questionner la place de l’artiste et de l’activisme dans ce contexte. Les travaux de subRosa orientent la réflexion vers l’éthique de la production des savoirs. Un point vue critique féministe sur les sciences dans la lignée des travaux d’Haraway. Le nom du collectif fait référence à des pionnières dans différents domaines (art, activisme, travail, politique et sciences) : Rosa Bonheur, Rosa Luxemburg, Rosie the Riveter et Rosa Parks et un manifeste (en ligne) dresse les grandes lignes des intentions du groupe. Les deux artistes qui forment le noyau dur du collectif sont professeurs à temps plein dans des états différents et ont bénéficié de financements de recherche pour mettre sur pied les projets de subRosa. Leurs projets multiplateformes font appel à des matérialités diverses et mettent en relation les corps, les technologies et les discours. Leur site web (toujours en ligne, mais sans nouvelles publications depuis longtemps) contient une large documentation passionnante et toutes sortes de ramifications (un site de base et des sites autonomes pour plusieurs projets différents).

HUMAIN-MACHINE

« subRosa’s performative art pratice has long focused on examinig the conditions of female bodies in the production and consumption of medical and biotechnologies in the globalized fertility industry. To date, the so-called biotech revolution represents an unprecedented intervention – at both micro and macro levels – into the reproduction, manipulation, and control of all life forms. As feminist artists, subRosa situates our own bodies and labor in relation to an inquiry about the « post-human » body that manifests simultaneously as the distributed body, medicalized body, socially networked body, cyborg body, citizen body, virtual body, laboring body, soldier body, animal body, and gestating body. We ask: How do we imagine ourselves as resistant activist artists in these new global bio-scenarios? Can our work propose feminist ethics for post-human bodies and material life? » (subRosa 2011, 16)

Dans l’extrait ci-dessous, subRosa établit une liste de corps possibles, qui coexistent simultanément dans un contexte « post-humain », indissociables des biotechnologies et des technologies digitales. Dans ce contexte, les identités du corps sont multipliées, en même temps qu’elles sont tricotées à leur environnement. Comprendre les corps passe par la compréhension des environnements physiques-et-technologiques, avec cette possibilité, déjà présente chez Haraway, d’entrevoir les sujets de manière plus complexe et diversifiée que les catégories traditionnelles de « sexe-s » et de « genre-s ».

CORPORALITÉ-NUMÉRIQUE

Les corps et la matérialité ne sont pas étrangers aux espaces numériques. On a encore aujourd’hui tendance à qualifier l’espace numérique d’immatériel, malgré la matérialité des dispositifs technologiques et ce, à cause de la présence médiée des corps par ces mêmes dispositifs. C’est toute la notion de présence qui est remise en cause ou à redéfinir (si tu n’es pas là ici et maintenant avec moi, es-tu bien présent ?). Pourtant, le corps n’est pas moins présent-réel parce qu’il est à distance et-ou médié, pas plus qu’il n’est moins performatif. On pourrait même dire que sa présence est multiple[4]. Le corps peut être visible ou invisible (à l’écran via enregistrements vidéo ou webcam), mais il se laisse toujours deviner à travers les interactions et-ou les traces qu’il laisse. Les discours numériques (nombreux) sont incarnés et ne peuvent pas être interprétés en dehors des dispositifs de production et des corps qui les émettent.

Il est intéressant de voir que les productions discursives (comme le corps cyborg de Haraway) ont aussi un caractère composite. Paveau s’intéresse aux discours numériques et ses articles font référence, notamment, au caractère hybride des productions discursives natives et à la nature mixte des textes, qui doivent aussi être mis en contexte avec leur environnement de production pour être analysés. Ainsi les corps, les discours et les technologies sont indissociables et interagissent et c’est l’analyse de la relation entre ces éléments qui permet d’en comprendre les articulations.

COMPOSITE

« La notion de technologie discursive rend compte du fait qu’en ligne, les formes de discours sont co-constitutives des matières technologiques et des dispositifs communicationnels. Le genre de la « demande d’amitié » par exemple, issu de l’écosystème du réseau social Facebook2, est par définition composite, c’est-à-dire en même temps technologique et discursif. Cette demande passe en effet par un bouton (en français : « ajouter »), sur lequel il faut cliquer, en accompagnant (ou pas) ce clic d’un message scriptural. La demande d’amitié est donc une forme discursive constitutivement technodiscursive, dont il ne me semble guère possible de faire une analyse au sein d’une approche logocentrée : elle est délinéarisée, au sens où sa linéarité langagière, celle de la combinatoire de la phrase, est rompue et métissée de technique. Ce type de dispositif a pour fonction principale celle du Web 2.0 en général : la mise en relation. » (Paveau 2014/15, 3)

Le travail de subRosa n’est pas que discursif et met en relation performances et publications. Les membres de subRosa sont des pionnières en ce qui a trait au développement de nouvelles pratiques artistiques interdisciplinaires, alliant performance et participation du public, avec une critique féministe des bio-technologies. Chaque projet a différentes ramifications et peut être considéré comme un organisme multipartites ou protéiforme. Les projets se déploient dans différents espaces (physique, numérique, papier) sous des formes multiples (performances, interventions, installations, ateliers et publications), en utilisant des technologies multiples. Les publications se déclinent aussi sous formes diverses (cartographies, vidéos, livres et sites web). On peut analyser séparément les éléments qui constituent chaque projet, mais comme les productions discursives composites étudiées par Paveau, il y a fort à parier qu’il y a des relations entre ces éléments et une synergie autant entre la recherche et la création, qu’entre les technologies utilisées, les corps et les discours véhiculés. La théorie appuie la pratique et vice-versa, en toute cohérence et un brouillage s’effectue entre aspects performatifs et de représentation. De manière générale, les productions discursives (en ligne et hors ligne) agissent sur la construction des espaces et des individus et les performances sont effectuées dans des contextes qu’on ne peut dissocier d’ontologies, de représentations, de systèmes de symboles inscrits à même nos corps, les espaces et les objets.

Plusieurs projets de subRosa ont fait l’objet d’analyses (Flanagan 2007, Motter 2011). Le projet International Markets of Flesh fait d’ailleurs l’objet d’une analyse par le groupe lui-même dans l’article « International Markets of Flesh : Mapping Flows of Human Organs and Tissues ». Dans la prochaine section du travail, j’analyserai ce projet spécifique, afin de démontrer les aspects performatifs et la puissance d’agir qui découle des projets du groupe[5].

INTERNATIONAL MARKETS OF FLESH

(2003) « An audience-participatory performance and collective mapping of the global trafficking in human organs and tissues, IMF first took place on the altar of a 17th century converted convent church. Through participatory activities, demonstrations  & manipulation of life-size organ sculptures, the audience learned about the growing international demand for transplantable organs and tissues, and the political, social, and medical consequences these demands create. Participants wrote personal stories and rumors about organ harvesting and trade on a large Dymaxion World Map, and affixed organ stickers. The visual accumulation of facts, fiction, and testimony effectively demonstrated the dominant flows of the flesh-market worldwide—with demand coming from the North/West and supply coming from the South/East. Performers and audience also discussed changing ideas about the value of human life in the age of genetically engineered, globally distributed, and patented human body parts, filled in a form estimating the net worth of their body parts and labor, and received a Certificate of Flesh Worth. » (source : site subRosaMAPS, PERFORMANCES, WORK

Comme les autres projets de subRosa, International Markets of flesh comporte plusieurs dimensions : cartographie, performance et publication.

  • Contexte de production: le projet s’est déployé à trois reprises dans la ville de Mexico (2003), à Mérida (2005) et en Californie (2009). Les deux premières versions performées s’inscrivaient dans le cadre du festival XI International Performance Art Festival: Out of Focus et de la biennale Arte Nuevo InteractivA’05. La dernière version performée avait lieu à la galerie du campus CSU Fresno. Le projet donc, s’est promené entre milieu culturel et milieu universitaire.
  • Les objectifs: ils sont clairement définis dans l’article de subRosa et en lien avec la puissance d’agir (subRosa 2008, 145) : « Collective research and knowledge production; Hands-on learning/teaching about international fleshmarkets while discussing their social, economic, and geographic implications; Experiencing science with a difference: the understanding of science and its contents are different when it is done in the public sphere as an interrogative act; Public pedagogy as a practice of resistance to intellectual property agreements, privatization and corporatization of learning and knowledge; DIY (do it yourself) tactics: How to arouse the interest and passion of viewers and users through projects that address key everyday life issues, such as food and nutrition, health and medical care, reproduction and fertility, and work and money; Exploring the interrelationships between human desires, myths, real scientific possibilities, and the ways in which different lives are valued. » [je souligne]
  • Matérialité: ce projet spécifique est « low-tech ». La performance s’articule autour d’une carte du monde, d’une illustration d’un cyborg, de sculptures et d’illustrations d’organes humains, d’une présentation (« slide-show »), d’un formulaire et d’un certificat en papier. Une carte Dymaxion, est utilisée comme représentation du monde (de manière à illustrer les proportions des pays de manière plus juste). Comme la documentation et la production discursive du groupe participe aux œuvres (tout comme les performances nourrissent la recherche), la publication de l’article dans la revue Frakcija Performing Art Magazine (2008) participe à l’œuvre et démontre comment l’œuvre n’est jamais fermée et évolue dans le temps.
  • Performance: la performance située a lieu en quatre temps : un temps où les usagers sont amenés à manipuler les organes-sculptures, la présentation sur le trafic d’organes, le partage d’histoires (réelles, fictives, rumeurs, etc.) à inscrire par les usagers sur la carte et le formulaire à remplir pour connaître la valeur des organes de chacun (selon l’âge, le genre et l’origine ethnique). Une fois le formulaire rempli, l’usager reçoit une attestation qui certifie de la valeur de ses organes.

// La performance utilise les codes scientifiques (discours et image) dans un contexte artistique, voire ludique. Les intervenants portent le sarrau et l’espace a des allures de laboratoire ouvert au public. Dans certains projets de subRosa, des capsules vidéo et-ou sites web utilisent aussi l’image (facture visuelle) et le langage des biotechnologies. Une véritable re-signification dans un mode parodique, voire ironique. Cette même ironie, dont fait référence Haraway dans son manisfeste (Haraway 2007, 30)

// Il y a un aspect pédagogique dans le projet, dans le fait de sensibiliser les usagers au trafic d’organes. Les projets de subRosa en général permettent à des non-initiés de s’initier aux sciences, permettent donc une démocratisation du domaine scientifique avec une approche qui marie transmission de savoirs et apprentissages en commun. La posture des intervenants n’est pas celle de l’expert, mais du facilitateur, qui participe à la transmission des savoirs, en même temps qu’à la production de nouveaux savoirs collectifs incarnés.

// Comme le projet est participatif, l’œuvre est toujours en transformation ou en mutation.

// Le projet marie ludique et sérieux. La thématique (le trafic d’organes) est sérieuse, mais la mise en scène et les artefacts utilisés rappellent le jeu (costumes, faux organes, etc.).

// Le projet marie théorie et expérientiel. La sensibilisation passe par la transmission d’éléments factuels et de recherche, mais les usagers sont appelés à toucher, raconter, se questionner, écrire, inventer, partager…

// Le rapport au corps se fait à plusieurs niveaux. Oui, les corps des usagers expérimentent, touchent, se questionnent, écoutent, se racontent (l’aspect expérientiel du projet). Mais comme dans plusieurs projets de subRosa, le corps est ici central en dehors de l’aspect performatif, puisque la thématique du projet (le trafic d’organes) fait référence directement au corps ou plutôt aux parties du corps (cœur, foie, rein). Le corps morcelé devient marchandise et appartient à la fois à celui qui le vend qu’à celui qui l’achète. C’est la question de la propriété des corps et de la mobilité de ces derniers qui est questionnée ici. Non seulement les corps n’ont pas tous la même valeur, mais où sont situés géographiquement les acheteurs et les vendeurs ? De quelles classes sociales sont les acheteurs et les vendeurs ? Je vous laisse deviner…

// Le projet est politique. En initiant une réflexion critique sur les biotechnologies, subRosa appelle à une forme de résistance sociale. Le collectif à travers ces différents projets, dont celui-ci, nous invitent à questionner, à nous informer et à nous impliquer.

// Le projet est critique et parfois critiqué. Motter critique la forme ironique du « théâtre » des projets, en général, de subRosa, qui peut nuire au message, ce dernier risquant d’être mal interprété selon le public et les contextes (Motter 2011, 115).

FICTION-RÉALITÉ

« Le cyborg est un organisme cybernétique, hybride de machine et de vivant, créature de la réalité sociale comme personnage de roman. La réalité sociale est le vécu des relations, notre construction politique la plus importante, une fiction qui change le monde. Les divers mouvements féministes internationaux ont autant construit « l’expérience des femmes » qu’ils ont fait émergé ou fait la découverte de cet objet collectif crucial. Cette expérience des femmes est une fiction et un fait de la plus haute importance politique. La libération nécessite que l’on construise la conscience de l’oppression et des possibles qui en découlent, qu’on les appréhende en imagination. Le cyborg : question de fiction et de vécu, qui change ce qui compte en tant qu’expérience des femmes en cette fin de XXe siècle. Il s’agit d’une lutte de vie et de mort, mais la frontière qui sépare la science-fiction de la réalité sociale n’est qu’illusion d’optique. » (Haraway 2007, 30)

L’extrait d’Haraway peut être entendu comme un appel à passer par l’imaginaire pour construire des possibles, un appel à la créativité, à réconcilier ces deux approches traditionnelles du corps (surface-lieu), à projeter nos expériences et les constructions fictives sur lesquelles s’appuient les systèmes d’oppressions, à se réinventer par d’autres fictions, à chercher « la coalition – l’affinité, plutôt que l’identité » (Haraway, 2007, 39) et à trouver en nous une puissance d’agir pour (sur)vivre.

Ce concept de puissance d’agir ou d’agentivité (empowerment) est une notion centrale dans l’œuvre de Butler. Cette puissance d’agir lie le langage au sujet et à l’action. La puissance d’agir ne passe pas exclusivement par le langage, mais la prise de parole permet à l’individu de se construire et d’agir sur son environnement. Tandis que Denouël se questionne sur les liens complexes entre le soi en ligne et le soi hors ligne, ainsi que sur les rapports avec la reconnaissance et l’estime de soi dans ce contexte ; Marchandise inventorie des indicateurs de pouvoir d’agir, desquels je me suis inspirée dans l’analyse de l’agentivité de la production de subRosa.

Comme on l’a vu dans le point précédent, les projets de subRosa sont théoriques et performatifs, artistiques et politiques. À mon sens, la puissance d’agir (ou agentivité) est inscrite dans la mission et les objectifs de projets du groupe, du moment où il y est question de résistance et d’auto-détermination. On peut difficilement dissocier performatif et puissance d’agir, si ce n’est que le performatif s’inscrit dans le présent des corps en action et que la puissance d’agir (agentivité) prolonge le pouvoir d’action dans le temps et participe à la construction des individus et des espaces. SubRosa imagine des performances, des œuvres d’art et des campagnes activistes, qui participent à l’association communautaire d’une mixité d’individus provenant de milieux divers. Le collectif travaille avec des stratégies discursives multiples en publiant des articles, avec des interventions médias et des forums publics de sensibilisation. subRosa développe sa propre agentivité en même temps que celle de ses publics.

  • Recevoir de la reconnaissance (lien avec l’estime de soi) : les artistes sont reconnus sur un plan institutionnel avec plusieurs bourses et reconnaissances (Faith Wilding – Guggenheim Fellowship for Creative Arts, US & Canada). Elles portent plusieurs chapeaux en tant qu’artistes interdisciplinaires, professeurs et activistes et au-delà de la reconnaissance des institutions et des pairs, elles s’inscrivent dans une lignée. Entre Haraway, Gardey et Paveau, subRosa apporte sa contribution à la réflexion et à la production de savoirs féministes.
  • Briser l’isolement par la communauté: Les projets de subRosa permettent de créer des communautés ponctuelles et ce, en brouillant les frontières entre les espaces (recherche, culturel, numérique) et en rassemblant des groupes qui n’ont pas nécessairement l’habitude de se fréquenter (universitaires, militants, citoyens, spectateurs, internautes, etc.). Sur un autre plan, les artistes entretiennent ensemble et individuellement des liens avec différents groupes féministes et collectifs d’artistes. Le groupe lui-même est à géométrie variable avec le noyau dur composé de Faith Wilding – Hyla Willis.
  • Dépasser les frontières: en brouillant les frontières entre les espaces (recherche, culturel, numérique) subRosa créent des vases communicants entre les concepts-disciplines plutôt que de renforcer le mode de pensée binaire traditionnel. Avec subRosa les dualismes deviennent des courtepointes et dans un même espace peuvent cohabiter performatif/représentation, corps/discours, sérieux/ludique, sciences/art, espace physique/espace numérique, etc. Le web permet d’être présents et visibles partout et facilitent très certainement le maillage de toutes ces communautés. Le web c’est la mémoire, c’est ce qui permet de ne pas être que dans l’éphémère de la performance située. C’est ce qui permet d’avoir accès aux œuvres dans le temps (donc ça participe aux œuvres). Au-delà de la fonction de documentation, les technologies permettent de s’associer, s’appuient sur les relations (par-delà les frontières géographiques et dans le temps) et créent des communautés d’intérêt. Le travail de sensibilisation de subRosa se prolonge sur le web et les œuvres deviennent évolutives selon le parcours des usagers, qui peuvent ne connaître que les éléments numériques des projets (comme moi) ou avoir eu accès (aussi-que) aux performances in situ. J’aimerais bien voir des projets subRosa aujourd’hui. Les dispositifs numériques ont gagné en interactivité et la réponse en temps réel permettent de créer des plateformes plus dynamiques, où les aspects collaboratifs et collectifs sont centraux. L’évolution des technologies serviraient bien la démarche initiale du collectif.
  • Développer des connaissances et contribuer aux savoirs: subRosa travaille directement à créer des savoirs en commun (par la recherche et l’expérience collective) dans une approche « learning/teaching » et des tactiques « do it yourself ». Les contributions du groupe touchent les domaines de la recherche (publications), des arts (installations et performances) et de la politique (études critiques féministes). subRosa participe à développer des connaissances et des savoirs en même temps qu’il contribue à développer l’esprit critique face aux façons de produire des connaissances dans le domaine des biotechnologies.
  • S’exprimer et être visible: le collectif non seulement s’exprime, mais de nombreux projets deviennent des espaces de tribunes et de partages. La visibilité de subRosa est multi-plateformes. Le web permet non seulement une visibilité (un effet vitrine) étendue, mais il contribue à documenter les œuvres et cette documentation est partie intégrante des œuvres.
  • Agir (lien avec le performatif et projection dans le futur) : La puissance d’agir du langage se traduit ici par des discours-action ancrés dans une pratique artistique incarnée.

CRÉA(C)TIVITÉ SOUHAITÉE

« As Vandana Shiva suggest, « The new biotechnologies reproduce the old patriarchal divisions of activity/passivity, culture/nature. These dichotomies are then used as instruments of capitalist patriarchy to colonize the regeneration of plants and humans. Only by decolonizing generation can the activity and creativity of women and nature in non-patriarcal mold can reclaimed. »» (Motter 2011, 20)

4. Sortir du dualisme (ou pas)

J’ai moi-même un blogue, où j’exerce ma voix et qui me permet de questionner mon rapport à l’écriture. L’environnement numérique me séduit parce que je m’intéresse depuis toujours au collage et à l’intertextualité. Avec le web, il devient plus facile de naviguer à travers les voix, de les enchevêtrer et de les juxtaposer. Les voix s’entrelacent ainsi dans la trame, dans l’horizontalité du texte, mais les hyperliens permettent le multicouches, permettent d’ajouter des voix dans la verticalité du texte. L’objet prend de l’épaisseur et est modifiable en continu. Ça questionne donc aussi la finalité et la fermeture du texte, qui n’est pas figé dans l’impression-papier et qui demeure un objet en mouvement tant que le(s) « auteur(es) » agissent sur ce dernier et l’activent. Ça questionne aussi la question de l’auteur et de l’auctorialité. Pendant longtemps, j’écrivais sur papier et je retranscrivais pour l’écran… je passe maintenant tellement de temps à l’écran, que je suis portée à souligner des passages au crayon lorsque j’écris sur papier, de manière à marquer les liens que j’entrevois vers quoi une image, quoi un wiki, quoi une voie(x) parallèle, quoi un article que j’ai lu. La relation est au centre des textes et des interactions entre les individus sur le web.

Toutes les lectures et les réflexions suscitées par le cours me font me questionner (encore plus) sur les questions identitaires, de différences-ressemblances et les rapports de force qui en découlent. Le mode de pensée binaire dépasse largement la question des corps et des genres et continue de perpétrer des injustices et d’être véhiculé à travers les représentations qui nous entourent. Est-ce qu’on peut imaginer de nouvelles formes de représentations, qui permettent de remettre en question les oppositions idéologiques construites ? Oui bien sûr. Mon répertoire de sites est une tentative embryonnaire de me tourner et de m’inspirer vers de nouvelles formes de plateformes, d’écritures et d’activismes. Le véritable défi est d’arriver à participer à cette révolution souhaitée et de voir comment je peux y participer, comment je peux, à l’aide de mon écriture, déconstruire des échafaudages idéologiques persistants, malgré mon propre conditionnement et tout en sachant que résister participe aussi (ironiquement) au système.

Conclusion

Cette façon de brouiller les frontières, ce caractère hybride des corps, des discours, de la production de subRosa… ce métissage donc peut, selon la perspective, mettre l’accent sur les différences ou au contraire, comment voulait le faire Haraway, multiplier les possibles et mettre l’accent sur la fluidité des identités corporelles (par ricochet, des représentations et des énonciations).

« C’est sans doute pourquoi Homi K.Bhabha (1994), celui qui a le plus massivement investi la notion d’hybridité à la suite, entre autres, d’Edward Said, l’a fait en insistant particulièrement, à partir de l’interprétation des écrits de colonisateurs ou des narrateurs de Salman Rushdie, Toni Morrison, Joseph Conrad et Nadine Gordimer, sur l’émergence d’une conscience coloniale pénétrée du caractère construit et contingent de son identité d’origine. L’hybride, dans la théorie postcoloniale, n’est pas une figure qui vient essentialiser les cultures nationales de l’ère industrielle, mais plutôt énoncer la fluidité fondamentale des identités modernes. L’hybride, en tant que métaphore conceptuelle, devrait toujours servir à dénaturaliser les catégories dont il fait apparaître le chevauchement historique. C’est la voie qu’a emprunté Donna Haraway dans « A Cyborg Manifesto » (1991), utilisant la monstruosité de la figure cyberpunk du cyborg pour opérer la triple dislocation des frontières traditionnelles entre l’animal, l’humain et la machine. Par là même, Haraway est parvenue à dépasser tout essentialisme résiduel dans le féminisme de deuxième vague, grâce à la contemplation d’un horizon futur à la fois terrible et réjouissant, dans son absolue plasticité hybride : « We have all been injured, profoundly. We require regeneration, not rebirth, and the possibilities for our reconstitution include the utopian dream of the hope for a monstrous world without gender. » (1991 : 131). » (Archibald 2016, 3)

Étrangement, au départ avant de m’intéresser aux discours natifs numériques, je voulais faire mon travail final sur le métissage. Le caractère hybride de ma propre démarche (intertextuelle, interdisciplinaire, interculturelle) et la présence dans ma vie d’une petite fille métisse, étaient à la fois le pourquoi je m’intéresse à la question de l’hybridité et le pourquoi j’hésitais à y plonger. Ce travail final m’aura ramenée au point de départ, vers une réflexion entamée et inachevée sur les identités mixtes.

BIBLIOGRAPHIE

  • Archibald, S (2016) « Cyborgs, coyloups et jaglions — De quelques figures de l’hybridité », Artichaut 6, 3, en ligne le 25-11-2016, http://artichautmag.com/revues/6artichaut-hybrides-web.pdf
  • Bordo, S. (1993) UnBEARable Weight : Feminism, Western Culture and the Body.
  • Butler, J. (2006) « Agir de concert » et « Régulation du genre », dans Défaire le genre, trad. M. Cervulle.
  • Butler, J. (1997/2004) Le pouvoir des mots, C. Nordmann.
  • Collard, N. et Lapointe, J. (2016) « Écrire et googler », LaPresse, en ligne le 25-11-2016, http://www.lapresse.ca/arts/livres/201609/20/01-5022466-ecrire-et-googler.php.
  • Denouël, J. « Expression de soi et modalités de reconnaissance en ligne : éléments pour une approche interactionnelle et socio-discursive des identités numériques » dans Méthodes de recherche sur l’information et la communication (dir. H. Bourdeloie et D. Douyère), 209 – 225.
  • Flanagan, M. et Soyin, L. (2007) « Rethinking the F Word: A Review of Activist Art on the Internet. », NWSA Journal 19, 181-200.
  • Gardey, D. (2003/4) « De la domination à l’action. Quel genre d’usage des technologies de l’information ? », Réseaux 2003/4 120, 87-117.
  • Grosz, E. (1994) Volatile bodies : toward a corporeal feminism.
  • Grosz, E. (1993) « Le corps et les connaissances : le féminisme et la crise de la raison », trad. S. Mineau, Sociologie et sociétés 24, 47-66.
  • Haraway, D. (1991/2007) « Manifeste cyborg: science, technologie et féminisme socialiste à la fin du XXe siècle » dans Manifeste cyborg et autres essais: sciences – fictions – féminismes, 29-92.
  • Marchandise, J-F (2016). « Numérique et pouvoir d’agir (subjectivités ?) », École Thématique Identité Numérique 2016, en ligne le 25-11-2016, https://annuel.framapad.org/p/Vendredi2511h-NotesConferenceJFrancoisMarchandise.
  • Merzeau, L. (2016) « Présence numérique : du mode d’existence transmédiatique », Interactions Multimodales Par ECran 2016, en ligne le 05-12-2016, http://merzeau.net/2016/07/.
  • Motter, J. (2011) « Feminist Virtual World Activism: 16 Days of Activism Against Gender Violence Campaign, Guerrilla Girls BroadBand, and subRosa », Visual Culture and Gender 6, 109-119.
  • Paveau, M-A. (2014/15), « Ce qui s’écrit dans les univers numériques », Itinéraires 2014-1 | 2015, en ligne le 05-12-2016, http:// itineraires.revues.org/2313.
  • Paveau, M.-A. (2014) « Quand les corps s’écrivent. Discours de femmes à l’ère du numérique, » dans Recherches de visages. Une approche psychanalytique ( É. Bidaud), 207-241, en ligne le 25-10-2016, https://hal-univ-paris13.archives-ouvertes.fr/hal-01163501.
  • (2011) « Bodies Unlimited: A Decade of subRosa’s Art Practice » n.paradoxa 28, 16-25, en ligne le 25-11-2016, http://www.ktpress.co.uk/pdf/vol28_npara_16-25_subRosa.pdf
  • (2008) « International Markets of Flesh: Mapping Flows of Human Organs and Tissues » Frakcija Performing Art Magazine 43-44, 142-151, en ligne le 25-11-2016, http://refugia.net/textspace/Journal_Frakcija_subRosa.pdf
  • Vitali-Rosati, M. (2016) « Médiateté de la présence et multiplicité ontologique », Sens public, en ligne le 25-11-2016, http://blog.sens-public.org/marcellovitalirosati/mediatete-de-la-presence-et-multiplicite-ontologique/.
  • Voyer-Léger, C. (2016) « L’avenir sera-t-il numérique? », Zone occupée, en ligne le 25-11-2016, http://zoneoccupee.com/lavenir-sera-t-il-numerique-catherine-voyer-leger/.

ANNEXE 1 – RÉPERTOIRE (ÉBAUCHE)

  • 1001 fesses (Émilie Mercier et Frédérique Marseille, 2014) : « Ce projet a comme objectif de capturer ce nombre précis de bundas. Nombre qui n’a pas d’autre symbolique que celle d’exprimer une volonté d’avoir, en images, une quantité phénoménale de fesses. Une collection. Nous souhaitons avant tout exposer toutes sortes d’arrière-trains afin que les irrégularités et les détails de chacune soient mis de l’avant. Et qu’elles démontrent, en un jet, l’effet immanquablement beau de toutes nos fesses. » (source : tumbler) // multiplateformes : boutique, fb, blogue, exposition physique, instagram, tumbler.
  • ainsi squattent-elles (collectif) : « [e]st un collectifanarcha-féministe non-mixte fondé en été 2006. » (source : wiki) // multiplateformes : fb, performances et rassemblements, publications papier, radio, site web.
  • ART-e-FACT strategies of resistance (magazine) : « In digital age – in which power lies neither in institutions nor on the streets but on the web, that is, in the communications system – we seek to exchange ideas about the questions of both culture and art, and of society at large and encourage possible answers. » (source : site) // multiplateformes : magazine, site web.
  • Caresses magiques (Sophie Bédard, Sara Hébert et Sarah Gagnon-Piché, 2014) : « Caresses Magiques est un projet éditorial féministe qui vise à recueillir et diffuser des témoignages de femmes de tous âges au sujet de leur sexualité. Le projet, dans toutes ses formes, constitue une invitation à raconter, à s’expliquer, à comprendre et à dénoncer certains aspects encore tabous de la sexualité des femmes, comme par exemple : la masturbation, le désir, l’orgasme, les fantasmes, etc. » (source : site) // multiplateformes : boutique, facebook, publications papier, site web, twitter.
  • Center for gender Advocacy (organisation) : « The Centre for Gender Advocacy (the Centre) is an independent, student-funded, Concordia University organization, mandated to promoting gender equality and empowerment particularly as it relates to marginalized communities. This mandate is achieved through ongoing programming, campaigns, resources, services, advocacy and a commitment to accessibility. » (source : site) // multiplateformes : facebook, ressources, site web.
  • Décider entre hommes (Marie-Ève Maillé et Marilyse Hamelin, 2015) : « Observatoire de la surreprésentation injustifiée des hommes dans les sphères de décision et d’influence. Nos décideurs aiment décider entre hommes ? Voilà une situation aberrante qui mérite d’être dénoncée. » (source : fb).
  • F is the key – tattoo shop privé (Marie-Christine Gauthier et Claude Giguère) : « Le Chalet – tattoo shop privé –   est situé au centre-ville de Montréal. On n’y entre pas comme dans un commerce, mais seulement sur rendez-vous, et en toute confiance. » (soure : blogue) // multiplateformes : blogue, facebook, produits, dérivés, tatouages scripturaux engagés.
  • Filles Missiles (Daphné B., Marie Darsigny et Sara Hébert) : « Pour des femmes, par des femmes : Filles Missiles est une plateforme de publication qui propose une vision contemporaine de la littérature au Québec. Filles Missiles souhaite contribuer à l’élaboration d’un espace de diffusion, de promotion et d’échange sur la production artistique des femmes à travers l’organisation de lectures publiques, de performances et la publication d’un magazine biannuel. » (source : site) // multiplateformes : boutique, facebook, instagram, publications papier, site web, twitter
  • Guerrilla Girls (collectif artistes) : « The Guerrilla Girls are feminist activist artists. Over 55 people have been members over the years, some for weeks, some for decades. Our anonymity keeps the focus on the issues, and away from who we might be. We wear gorilla masks in public and use facts, humor and outrageous visuals to expose gender and ethnic bias as well as corruption in politics, art, film, and pop culture. We undermine the idea of a mainstream narrative by revealing the understory, the subtext, the overlooked, and the downright unfair. We believe in an intersectional feminism that fights discrimination and supports human rights for all people and all genders. We have done over 100 street projects, posters and stickers all over the world, including New York, Los Angeles, Minneapolis, Mexico City, Istanbul, London, Bilbao, Rotterdam, and Shanghai, to name just a few. » (source : site) // multiplateformes : facebook, performances, publications papier, site web.
  • Hyènes en jupons (collectif) : « Nous sommes des féministes de différents milieux qui se sont rencontrées autour de l’écriture d’unelettre. Nous avions en commun cet agacement de voir toujours un même féminisme domestiqué être mis de l’avant dans les médias. N’ayant aucune tribune et ne disposant d’aucune renommée, c’est par notre nombre et la virulence de notre critique que nous nous sommes faites entendre. » (source : site). // multiplateformes : site web, facebook.
  • Je suis indestructible (collectif) : « JSI est une plateforme de diffusion de témoignages concernant des agressions sexuelles. » (source : site). // multiplateformes : cabarets, documentaire, facebook, site web.
  • La fondation filles d’action (fondation) : « Fondée en 1995, laFondation filles d’action est un organisme sans but lucratif qui croit fermement au pouvoir d’agir des filles en tant qu’agentes de changement social. Grâce à notre réseau pancanadien d’organismes, nous menons, concevons et mettons en œuvre des programmes transformateurs pertinents et adaptés aux réalités changeantes des filles et jeunes femmes. » (source : site). // multiplateformes : site web, facebook.
  • Le bal des absentes (Julie Boulanger et Amélie Paquet) : « Le bal des absentesest le blogue de deux professeures de littérature – Julie Boulanger et Amélie Paquet – qui désirent mettre en valeur le travail des écrivaines. Construit comme un lieu de découverte destiné à inspirer nos collègues, ce blogue proposera au fil des mois différents titres des littératures québécoise, française et mondiale qui pourraient être enseignés au cégep. » (source : blogue). // multiplateformes : blogue, facebook.
  • Les fermières obsédées (Annie Baillargeon et Eugénie Cliche) : « Les Fermières Obsédées est un collectif composé de deux artistes issues des arts visuels […]» (source : site). // multiplateformes : facebook, performances, site web, youtube.
  • Les panthères roses (collectif) : « Non pas bienvenue sur le site des Panthères roses, mais sur un des sites de la mutinerie queer mondiale, chapitre montréalais. Que l’on soit de San Francisco, Barcelone, Paris ou Montréal, le projet est en effet le même pour lesqueers radicaux: balancer le capitaine par-dessus bord. » (source : site). // multiplateformes : facebook, site web.
  • Les panthères rouges (Kim Venn, Catherine Dupuis et Stéphanie Roussel) : « Les Panthères rouges sont un collectif féministe subversif,qui poétise, érotise et magnifie les «abjections» liées au corps féminin: tampons souillés, infections urinaires, diarrhées post-boisson, bad lucks de diva cup. Elles torturent les non-dits et les fleurs du tapis; leurs snatchs édentées toujours en chasse. » (source : fb). // multiplateformes : performances, publications papier, facebook.
  • Les sorcières (collectif) : « Nous sommes un collectif féministe radical né en 2000, initialement constitué de femmes provenant des milieux radicaux mixtes, essentiellement d’allégeances anarchistes. Les instigatrices du projet visaient à se solidariser et à créer un rapport de force face à la mâle-attitude des militants de leurs milieux.. » (source : site). // multiplateformes : actions, journaux, facebook, site web.
  • Minorité Lisibles (collectif) : « À l’invisibilité, à l’ignorance et aux discriminations qui en résultent, nous opposons la lisibilité comme principe mobilisateur. Nous constatons que les enjeux féministes, de genres et de sexualités n’occupent pas tout l’espace qui leur est dû dans le discours académique de l’Université de Montréal ; nous souhaitons, pour pallier ce manque, créer une plateforme où pourront s’exprimer toutes les personnes souhaitant, par écrit, participer à l’édification d’une plus grande lisibilité pour ces enjeux cruciaux. » (source : site). // multiplateformes : facebook, publications papier, site.
  • Paroles d’exclues (organisme) : « Nous croyons que les citoyens sont les principaux intéressés à résoudre les problèmes et que c’est leur action qui change les choses! Parole d’excluEs accompagne donc les citoyenNEs dans leurs démarches de mobilisation et de développement d’actions et de projets locaux et globaux. Par la mobilisation on cherche à ce que les gens subissant la pauvreté et l’exclusion sociale soient les premiers acteurs de leur destin. » (source : site). // multiplateformes : facebook, site web.
  • subRosa (collectif artistes) : « subRosais a reproducible cyberfeminist cell of cultural researchers committed to combining art, activism, and politics to explore and critique the effects of the intersections of the new information and biotechnologies on women’s bodies, lives, and work. » (source : site). // multiplateformes : facebook, installations et performances, publications papier, site web.
  • This is better than porn (Linakim et Olivia, 2012) : « This is better than porn c’est 3 ans d’aventures érotiques. C’est 350 publications [de corps, de sexualités atypiques] sur le site. Des gifs, des photos, de la poésie. C’est trois magazines auto-édité avec du contenu exclusif écrit et photographié par Linakim et moi. C’est deux soirées de performance théâtrales « Cet endroit entre tes cuisses » sold-out au Lion d’or. » (source : site) // multiplateformes : boutique, fb, instagram, performances, publications papier, site web, youtube.
  • Tout le hood en parle (collectif) : « Sponsorisépar la librairie Racines, TLHEP met de l’avant les témoignages, les histoires et les cultures de personnes racisées. » (source : fb) // multiplateformes : fb, librairie, performances, web-série.

ANNEXE 2 – EXEMPLES DE PROJETS SUBROSA

  • U-GEN-A-CHIX or Why women are like chickens, and chickens like women (2002) : « Originally staged inside the student center of a large public university, U-Gen-A-Chix engaged students directly in critical conversations about eugenics as it relates to contemporary genetic engineering of humans, animals, and plants. Tandem performance booths were set up in a high-traffic area : one dispensing information on human egg donation and Assisted Reproductive Technologies, and the other offering taste tests of chicken-flavored GMO biscuits. After taste-testing the biscuit, students gave live video interviews about their willingness to eat genetically engineered foods if they enhanced energy performance during exams, and offered their opinions about the widespread use of GMOs, and related biological and social eugenic tendencies » (source : site subRosa) INTERVENTIONS, PERFORMANCES, PUBLICATIONS, WEB SITES, WORK
  • Biopower unlimited (2002) : « subRosa impersonated a “Biopower Team”of consultants and performed an intervention at the Art and Tech Fair of a large public university. Our team created a booth where participants could complete an online biopower profiler that enabled them to compare how they allocated their labor power and leisure time—their total biopower. A team consultant helped participants analyze their results and gave advice about empowering life changes (such as considering athletic scholarships as form of labor instead of or in addition to it being leisure time). » (source : site subRosa) INTERVENTIONS, MAPS, PERFORMANCES, PUBLICATIONS, WEB SITES, WORK
  • Can you see us now? Ya nos pueden ver? (2004) : « This major, year-long subRosa project forThe Interventionists,mapped the intersections of women’s material and affective labor in cultures of production in North Adams, MA, and Ciudad Juárez, Mexico, and investigated the similarities and differences of economic, cultural and every-day life effects of the outsourcing of labor and globalization on these towns and on their local female labor force. Large, aerial wall maps of North Adams and Ciudad Juárez featured oversized map pins denoting “points of view,” and flanked a “forensic floor” that concealed objects, texts, and clues beneath loose boards. Visitors were encouraged to discover connections between the aerial maps, the contents beneath the floor, and a third printed “road map” distributed in the space. Also displayed were five posters by contemporary Mexican artists, expressing concern and outrage about the continuing murder and disappearance of women in Ciudad Juárez. » (source : site subRosaINSTALLATIONS, INTERVENTIONS, MAPS, PUBLICATIONS, WEB SITES, WORK
  • Yes species (2005) : « Yes Species is a 20-minute performative tableauwith video projection that imagines the meeting of three philosophers performing gender differently in a forest clearing: a live DJ mixing recorded vocalizations; a second performer standing in vats of red and green ink, blowing into vellum text balloons; and a third manipulating scrolls of text and dispersing copies of the Yes Speciesbook with freshly-imprinted covers. First developed for 1-0-1 Intersex: The two gendered system as a Human Rights Violation at Berlin’s NGBK Gallery, The work explores both the performativity of gender as theorized by Judith Butler, and the hope that “things can be thought differently” as Luce Irigaray has suggested. » (source : site subRosa) BOOKS, PERFORMANCES, PUBLICATIONS, WEB SITES, WORK
  • A week with|out women (2008) : « A 10-day subRosa residency in Zagreb, where different groups of people were invited to daily gatherings to address a variety of concerns, elicited through organized discussions about everyday life and political conditions. Evening salons were followed the next day by a “manifestation” in appropriate city locations. » (source : site subRosa) INTERVENTIONS,PERFORMANCES, PUBLICATIONS, RESIDENCIES, WORK


[1] La lecture n’est plus aussi linéaire. On se promène d’une page à l’autre à travers des hyperliens, de contenus en contenus avec une grande fluidité.

[2] L’article de Nathalie Collard et de Josée Lapointe, Écrire et googler et celui de Catherine Voyer-Léger, L’avenir sera-t-il numérique? sont intéressants à ce propos.

[3] Voir le nom même de leur site :http://cyberfeminism.net/.

[4] Lire l’article Vitali-RosatiMerzeau, Médiateté de la présence et multiplicité ontologique et la présentation de Louise Merzeau, Présence numérique du mode d’existence transmédiatique à ce propos.

[5] voir d’autres exemples de projets du collectif en annexes.

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s