PLU-6917 Arts et géographies (E-2016)_cher fleuve

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L’exemple de Cher Fleuve

« Cher Fleuve » est une oeuvre du collectif Escargo, installée présentement dans le village au Pied-du-Courant. Voir TP4 pour la description factuelle de l’œuvre.

// Le village constitue un espace plage.

// L’installation Cher Fleuve reproduit un archipel en version réduite. Une manière de donner à voir, une espèce de maquette du réel à échelle humaine. La vastitude caractéristique de la mer est ramenée ici à une échelle réduite. Oui nous sommes dans la représentation, mais il y a un premier déplacement effectué qui est de l’ordre de la grandeur.

// Les plans qui ont servi à imaginer l’œuvre sont très fidèles à l’œuvre finale et participent à la construction de l’œuvre. Ils ont permis de « faire voir » l’œuvre avant sa construction et servent de documentation pour l’œuvre sur le site web du groupe. Les plans du collectif Escargo, composés d’un mélange de dessins et d’images tirées du web, de photos concrètes et d’éléments illustrés ajoutés, sont poétiques par leur pouvoir d’évocation et projettent des potentialités spatiales sur papier.

// Les différents fragments de mobilier urbain représentent des îles, mais notons qu’il y a un écart par rapport à l’archipel géographique, qui est formé d’îles-terre encerclées par la mer. Ici, les îles-modules sont bleues, sont garnies de végétaux et sont entourées de sable. Les modules représentent donc à la fois la terre (par la végétation), l’eau (par la couleur) et l’humain (par la construction et le texte). Une communion poétique entre l’humain et la nature, où le liant est la plage.

// Sur les modules eux-mêmes des « morceaux du paysage », des fragments sont peints (blanc sur bleu). L’impression d’une mise en abyme des îles (fragments peints – sur des modules éparpillés sur la plage – sur l’archipel de Montréal).

// L’installation s’éloigne de cette idée de vastitude de l’océan pour un rapport à échelle humaine, tout en conservant cependant l’idée d’espace sans frontière à explorer. Les corps qui parcourent l’installation sont ceux des usagers. Comment les gens se promèneront-ils dans l’installation? Puisque l’installation peut être prise au sens littéral et au sens figuré, que les modules sont à la fois bancs et œuvre d’art, mobilier urbain et représentation des Îles-de-la-Madeleine. C’est à travers l’utilisation que les gens feront de l’œuvre que le potentiel performatif de cette dernière se déploiera. La chorégraphie des corps dans l’installation, la contemplation, mais aussi l’appropriation de l’œuvre dans l’espace. L’imprédictible se situe là.

// Les extraits de texte sérigraphiés sur le bois, en ce sens, clairsemés et presque délavés, apparaissent comme un code à déchiffrer par les spectateurs. Ces extraits, peuvent facilement passer inaperçus, mais peuvent aussi fournir des clés de lecture aux usagers plus attentifs et curieux. Ainsi, les éléments visuels et textuels dialoguent entre eux et avec les usagers (comme c’est le cas dans le texte entre les îles et le fleuve, à travers un dialogue amoureux). Les éléments de l’œuvre (végétaux, modules, textes) sont en relation avec les usagers.

// Les points de jonction entre les différents éléments matériels (végétaux, modules, textes) et symboliques (l’archipel et les symboles inscrits dans le texte) construisent et déconstruisent l’œuvre à répétition selon les différents parcours possibles de l’installation. Différentes narrativités selon l’utilisation et le vécu de chaque individu. Qui s’assoit? Qui prend un verre en observant? Qui lit le poème dans l’ordre ou le désordre? Qui contemple les végétaux? Qui se souvient des Îles en marchant pieds nus dans le sable?

// L’archipel par sa nature réticulaire renvoie à l’idée de rhizome et de relation à l’Autre (Bouvet 2015, 19). Cette métaphore contenue dans la figure de l’archipel est en phase avec le processus de création du collectif à l’œuvre ici. Non seulement les artistes font partie d’un collectif, mais le site où est installé l’œuvre constitue un projet citoyen de réappropriation de l’espace. Il semble y avoir ici une cohérence absolue entre les processus et la symbolique charriée par l’archipel.

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