FRA-3825 Éditorialisation numérique (E-2016)_miroir

code/espace

 

“In his 1960 collection Museum, Jorge Louis Borges includes “On Exactitude in Science”, a text tha pose as the fragment of a historiographic document. The fragment narrates the history of geography as a discipline in an unspecified, far off empire, which comes to an end after overexerting itself in a last utopian effort to produce the perfect map. The project, which defines cartographic perfection as a one to one representation, manages to achieve a reproduction which, due to its size, now covers the territory it charted. The coexistence of map and land does not endure, however, and the map, requiring maintenance and care, is left to decay while the territory survives.”

(No Maps for These Territories | Karin Hoepker, p.11)

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CONFONDRE L’ORIGINAL ET LA COPIE

La référence de Hoepker à Borges a de quoi amuser. Quoi de plus absurde qu’une représentation ultime du territoire via une cartographie à l’échelle 1:1, une carte qui couvre littéralement le paysage au point de s’y confondre. Pourtant, la cartographie numérique de google maps en mode “street view” n’est autre chose qu’une collection d’images du réel, qui couvrent l’entièreté du territoire. La façon même de visualiser l’espace et de le modéliser a changé depuis l’avènement du numérique (carte en papier 2D > carte numérique qui annexe plans 2D, imageries satellites et photographies). Il en est de même pour notre façon de nous déplacer dans l’espace. De fait, la géolocalisation nous permet de nous repérer en temps réel où que l’on soit, par un système qui analyse nos mouvements; nous donnant effectivement l’impression de ne plus pouvoir nous perdre. Nous sommes un point mathématique dans une grille, nous sommes définis par des coordonnées (x, y), à la manière d’un pixel dans une image reproductible.

Dans un autre ordre d’idées, lorsque nous naviguons via les interfaces de nos applications, de nos logiciels et de nos systèmes d’exploitation, nous sommes en terrain connu. Nos interfaces sont souvent calquées sur le réel. Ainsi, nous travaillons sur un “bureau”, nous classons des “dossiers” et jetons les fichiers indésirables dans notre “poubelle”. Autant d’artefacts qui nous permettent de conserver des repères entre espace de travail numérique-physique.

Derrière ces interfaces bourrées d’analogies avec le réel, nous avons du code. Le code c’est quoi?

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    • le code est langage : le code fait le pont entre la machine et l’humain. Il y a différents langages (de balisage, de programmation) et différents codes de programmation (C++, Java, Python, etc.). Ces “écritures” servent à construire des algorithmes/instructions > qui forment des programmes/logiciels > sources d’opérations digitales.

“”The programmer, like the poet, works only slightly removed from from pure thought stuff. He builds his castles in the air, from air, creating by exertion of the imagination” (Brooks 1995, 7). Crafting code can itself be a deeply creative act.”

(CODE/SPACE | Kitchin and Dodge, p.26)
    • le code est partout, mais il est invisible : le nature cachée du code lui confère une valeur magique ou immatérielle.

“However, because software is embedded into objects and systems in often subtle and opaque ways, its largely forms technological unconscious that noticed only when it performs incorrectly or fail (Thrift 2004b, Graham and Thrift 2007).”

(CODE/SPACE | Kitchin and Dodge, p.5)
    • le code est une production collaborative : la production se fait nécessairement de manière collaborative à cause de la somme colossale de travail derrière l’élaboration de logiciels. Ces logiciels sont littéralement des cathédrales de code, conçus pour générés à leur tour des quantités incroyables de données.

“While the activity of programming is often undertaken individually – a single person sitting in front of a computer writting the code – this occurs within collaborative framework, with individuals performing as a part of a team working toward a larger, common goal. Team members interact when needed to tackle problems, find solutions, react to feeback, discuss progress, and define next steps and roles. Often several teams will work on different aspects of the same program that are stitched together later.”

(CODE/SPACE | Kitchin and Dodge, p.32)
    • le code est lié à l’espace : non seulement le code construit l’espace, mais certains espaces y sont tellement amalgamés, qu’ils cessent de remplir leur fonction en cas de panne technologique.

“The web, as I said earlier, is made of writing: everything on the web is written, even the pictures, even the videos. Everything is code. And this code has the function of creating a peculiar layout of relationships between objects. In this sense, the web is mainly an architectural space. And this space is, in turn, characterized by a combination of writing and reading, which is the property of every space. The relationships structuring the web exist only as a function of the actions concretizing them.”

(Digital Architectures: The Web, Editorialization, and Metaontology | Marcello Vitali-Rosati)

 

 

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