FRA-3825 Éditorialisation numérique (E-2016)_croisement

code/espace

“Il est en constante évolution depuis sa création. En effet, s’est superposé à un Web de documents (Web 1.0), devenu plus interactif ou « social » (Web 2.0), un Web de données où les informations sont devenues directement accessibles. Sa dernière grande mutation est en cours et touche l’ensemble des secteurs qu’il irrigue : le Web de données, aussi nommé Web sémantique, est l’utilisation du Web comme espace de partage mais aussi comme lieu de stockage des données. Sa mise en œuvre réinterroge les savoir-faire et les métiers de la recherche scientifique, en particulier en SHS. Là où il fallait maîtriser plusieurs systèmes informatiques et documentaires fondés sur des API (Application Programming Interface ou interface de programmation) différentes, le Web sémantique promet le décloisonnement des bases de données et propose une méthodologie commune pour enrichir, diffuser, interroger, réutiliser les données et les informations.”

(Le Web sémantique pour les Sciences Humaines et Sociales | Huma-Num)

dessin_4WEB SÉMANTIQUE OU WEB DES OBJETS

L’objectif de Tim Berners-Lee et de son web sémantique est d’organiser les données de manière à les rendre intelligibles pour les machines, dans le but que ces dernières puissent effectuer des recoupements entre données de nature semblable. Nous sommes ici dans une optique de libre circulation des savoirs.

Le fait d’établir des ontologies (modèles, schémas) et de leurs associer des métadonnées (données sur les données) est une manière de faire sens et de permettre aux machines d’établir des relations entre des contenus (générés autant par des ordinateurs que par des objets). Évidement, les schémas utilisés ne sont pas neutres, ils charrient des conceptions de la réalité, des valeurs et établissent des relations entre les contenus et ce, en fonction d’éléments-clés (classes, attributs) établis arbitrairement. Certains remettent en cause l’idée même de modélisation des contenus à travers l’élaboration d’ontologies, qui est à la base du concept de web sémantique. Est-ce qu’on peut faire consensus (vraiment) autour d’un “modèle” qui conceptualise certains types de discours? Est-ce que des représentations fixes peuvent être assez souples pour s’accommoder d’espaces toujours mouvants? Et enfin, dans le concept du web sémantique, oui les relations établies entre le données créent nécessairement du sens puisqu’elles organisent l’espace, mais est-ce les machines s’intéressent (vraiment) au sens des données lorsqu’elles opèrent des recoupements entre ces dernières?

“Par “sémantique”, il ne s’agit donc pas d’envisager que la machine “comprenne” au sens humain le contenu de l’information de chacune de ces bases. Par contre, ces informations (données) peuvent faire l’objet d’un langage structuré décrivant ces données, et suffisament standardisé pour être partageable par des machines. […] La toile n’est pas une immense bibliothèque, dont chaque information singulière pourrait être structurée uniformément. Chaque secteur d’activité, de service, de négoce, chaque base de données développe des systèmes hétérogènes de métadonnées”

(Pratiques de l’édition numérique | sous la direction de Michaël E. Sinatra et Marcello Vitali-Rosati, “Les enjeux du web sémantique”, p.81)

Comme nous l’avons vu en classe, le fait d’établir des relations spatiales de sens a des répercussions économiques et politiques. Lorsque le réseau routier a été construit autour de Rome, ce sont les relations (les routes) qui ont placé Rome au centre du monde. En devenant le centre du monde via le réseau routier et l’imaginaire (“toutes les routes mènent à Rome”), Rome est devenue Rome. La question du web sémantique est donc plus qu’une question de contenus, puisque le web sémantique est associé à des enjeux politiques et économiques. Où mènent les autoroutes qui relient les données, qui a accès aux contenus et à quels contenus, quels sont les modèles sur lesquels repose l’organisation des données? Qui fait autorité? Et enfin, est-ce que les sciences humaines transmettent (vraiment) leur vision du monde et participent à la construction de ce dernier dans le contexte numérique?

“Certaines pratiques, on l’a vu, répondent davantage aux besoins de professions et d’activités spécifiques, notamment dans les domaines de l’édition et de la bibliothécomie. Les figures de l’individu et de l’événement sont par ailleurs particulièrement bien représentées. Dans un contexte plus général, les travaux visant la constitution d’une ontologie pour le web propre aux différents types d’objets de recherche demeurent embryonnaires. Une initiative a récemment été lancée, en ce sens, par l’Electronic Literature Organization (ELO). Elle consiste à réunir, dans un souci d’interopérabilité, les informations des bases de données réparties au sein de laboratoires de recherche qui s’intéressent à la création et à l’étude des oeuvres hypermédiatiques.”

(Pratiques de l’édition numérique | sous la direction de Michaël E. Sinatra et Marcello Vitali-Rosati, “L’organisation des métadonnées”, p.175)

Les objets et les individus ont des identités numérique et physique. Chaque chose et chacun est traçable. Les codes-barres, développés dans les années 70 sont complétés par différents systèmes d’identification individuelle : RFID (radio frequency ID), URI (uniform ressource identifier). Ces sytèmes d’identification ne déterminent plus des catégories d’objets, mais bien des objets (ou des individus) distincts. Chaque chose et chacun est en relations-interactions, tant dans l’espace physique que numérique. Chaque chose et chacun peut (pourrait) s’inscrire dans les schémas conceptuels du web sémantique, grâce à cette capacité à désigner (immatriculer) tout et chacun. Chaque chose et chacun laisse des traces de ses actions, de ses achats et de ses déplacements.

“Also built in the glasses is a lens and CCD sensor that allows them to mediate reality, enhancing what the wearer is viewing by projecting a high resolution image onto the lens of the glasses, perhaps enlarging text or allowing the person to zoom in on a faraway scene. The glasses could also be connected to a captabase of people previously met, or a centralized store of capta, that is enabled by face-recognition software, so as to identify the people in vision and to provide subliminal or explicites cues on who the person is and how to act. […] The house’s coordinating sofware system recognizes the person remotely from identity tag (such as an RFID) and after a quick authenticating fingerprint scan on the door handle, it is automatically unlocked and opens.”

(CODE/SPACE | Kitchin and Dodge, p.225)

Chaque chose et chacun est enregistré, donc surveillé!

 

 

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