FRA-3825 Éditorialisation numérique (E-2016)_prolongement

code/espace

 

“La thèse que je propose ici est que le monde numérique est peuplé de fonction de production de l’autorité : ces fonctions structurent l’espace du web et déterminent l’autorité à partir de cette structure. Quelques exemples. Google met en relation une série de pages web en créant des listes de résultats de recherche. Il s’agit d’un véritable agencement spatial de l’ensemble du web. Les pages sont ordonnées selon des mots-clés, leur fiabilité, leur pertinence… Cette structuration de l’espace du web est ce qui permet à Google de devenir un dispositif d’autorité. C’est Google qui garantit la pertinence de ce que nous trouvons sur le web, c’est Google qui se porte, en un sens, garant de ce qui apparaît dans ses listes. L’algorithme de recommandation d’Amazon met en relation des livres, exactement comme s’il les ordonnait dans une bibliothèque. Il crée donc une structure spatiale et cette structure est l’expression de son autorité – le livre suggéré est le plus pertinent. Les réseaux sociaux font la même chose. Il s’agit de dispositifs qui agencent l’espace et, par le biais de cet agencement, ils expriment des valeurs et les garantissent.”

(La fin de l’autorité ? | Marcello Vitali-Rosati)

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RAPPORTS D’AUTORITÉ

L’extrait ci-dessus démontre qu’il existe, tant dans l’espace physique que dans l’espace numérique, des modèles hiérarchiques, qui établissent des fonctions d’autorité. L’idée d’extension ou de prolongement laisse sous-entendre non seulement des rapports hiérarchiques à l’intérieur du numérique et du monde physique, mais bien, entre ces deux espaces. Les uns diront que l’espace physique est le “vrai” monde, laissant sous-entendre que tout ce qui englobe le numérique revêt une immatérialité. Les autres diront qu’à l’aube du web 3.0, notre environnement ressemble de plus en plus à une extension de ce qui se passe derrière nos écrans. Ce qui est curieux avec cette idée de prolongment, c’est qu’on ne sait plus quel espace prolonge lequel? Le maillage du numérique et du non numérique est tel, qu’il devient difficile de cerner les rapports d’autorité de l’un à l’autre. Entre la crise des institutions traditionnelles, qui peinent à s’adapter (qui résistent au virage numérique) et les nouvelles autorités en place dans la culture numérique (Google, Facebook, Amazon, etc.) ont est à même de se demander qui fera autorité dans le futur. Est-ce que les institutions traditionnelles vont s’adapter ou est-ce plutôt les autorités en place dans la culture numérique qui vont s’institutionnaliser?

Toujours est-il qu’à travers l’extension d’un univers à l’autre, le mobile devient pour plusieurs à la fois le prolongement d’eux-mêmes et le prolongement de nos contenus numériques. Le web lui-même se projette dans le web sémantique… toûtt est dans toûtt comme dirait Raôul

“Le web aujourd’hui, c’est beaucoup d’informations, mais leur description est limitée. Le langage HTML ne donne que des liens sans sémantique, non utilisables par les machines. Philippe Laublet (LaLICC)1 a défini le projet du WS. Initié par Tim Berners-Lee dès 1998, développé dans le cadre du W3C (World Wide Web Consortium) depuis 2001, c’est une extension du web actuel, « un vaste espace d’échanges de ressources entre machines permettant l’exploitation de grands volumes d’informations et de services variés, aidant les utilisateurs en les libérant d’une bonne partie de leur travail de recherche et de combinaison de ces ressources ». Les recherches en cours s’appuient sur un existant RICHE dans le domaine de l’intelligence artificielle, mais avec un changement d’échelle. Elles concernent les langages, les métadonnées et les annotations, les ontologies, l’intégration de sources d’information hétérogènes, la notion de services web. Le langage RDF (Resource Description Framework) est recommandé par le W3C.”

(Le web sémantique | Juliette, Doury-Bonnet, p. 69-70.)

Ici le lien vers une superbe animation qui vulgarise plutôt bien le concept de web sémantique ou web 3.0.

 

 

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