MUS-1300 Acoustique musicale (H-2016)

carte_acoustique* Notions élémentaires de la physique du son: vibration, propagation, résonance, acoustique des salles. Échelles musicales. Initiation, dans un contexte musical, aux techniques de mesure des principaux paramètres du son : fréquence, intensité, spectre. Professeur : Vincent Verfaille


DANS LA SÉRIE “si t’avais su dans quoi tu t’embarquais…” À la base, je voulais prendre le cours de psychoacoustique et il se trouve que le cours d’introduction à l’acoustique musicale en est le préalable. Le cours de psychoacoustique traite de perception des paramètre du son, de l’aspect psychologique lié aux manifestations sonores. De son côte le cours d’introduction à l’acoustique musicale permet de s’initier au son en tant que phénomène physique. Comme je m’intéresse aux sons, je me suis dis que le cours d’acoustique était un cours de base pour comprendre ce qu’est un son. Ça semble logique dit de même… mais quand ça fait 25 ans que t’as pas fait de mathématiques et que t’as pas lu de partitions, c’est un beau gros bateau dans lequel s’embarquer.

La musique est le nombre en mouvement. – Pythagore

Lors des premiers cours, j’avais l’impression de m’être inscrite à un cours de chinois. Heureusement, les laboratoires me permettaient d’assimiler les notions théoriques à l’aide de démonstrations plus concrètes avec des instruments de musique et des appareils de mesure (oscilloscope, analyseur de signaux, micro, Electroacoustics Toolbox, etc.). Et malgré tout, j’arrivais à trouver une forme de poésie dans le vocabulaire utilisé. En périphérie des logarithmes, plusieurs mot “résonnaient” : réverbération – modulation – amplitude, etc. Les quelques définitions ci-dessous sont tirées (plus ou moins exactement) des notes de cours :

  • amplitude : écart de part et d’autre de la position d’équilibre.
  • battements : variation périodique de l’amplitude d’une vibration, lorsqu’elle résulte de la superposition de deux vibrations de fréquences voisines.
  • critères de Beranek concernant l’acoustique d’une salle : intimité, vie, chaleur, enveloppement, épaisseur apparente de la source, texture, etc.
  • délai initial (ou retard de la première réflexion) : le temps qui s’écoule entre l’arrivée à l’auditeur du son direct et de la première réflexion provenant des murs latéraux.
  • enveloppe spectrale : courbe qui représente la répartition globale de l’énergie entre les différentes composantes du son. Une sorte “d’empreinte digitale” de la source.
  • intensité : flux d’énergie acoustique qui est transmis dans une direction donnée, pendant une unité de temps, à travers une unité de surface.
  • intervalle : la distance entre les notes.
  • modulation : phénomène par lequel les paramètres d’une vibration sont modifiés par ceux d’une autre vibration.
  • résonance : phénomène par lequel un corps ou un système qui possède un ou plusieurs modes de vibrations propres, pourra vibrer avec une grande amplitude, si la force excitatrice lui est appliquée avec une fréquence qui lui est propre.
  • réverbération : phénomène de persistance d’ondes acoustiques dans une salle après que la source a cessé d’émettre.

À mesure que le cours avançaient, les notions de physique étaient de plus en plus appliquées à l’univers musical et voici quelques illuminations du cours en question…

1. Les formants sont des régions du spectre où les composantes paraissent amplifiées, indépendamment de leur rang harmonique ou de la fréquence fondamentale. La voix est l’instrument pour lequel ce phénomène est le plus important. C’est grâce à la présence de formants caractéristiques (produits par nos articulateurs) qu’on reconnaît les voyelles et les consonnes, peu importe la fréquence fondamentale ou le locuteur (homme ou femme). Les gens qui ont l’habitude de travailler avec des spectres acoustiques reconnaissent visuellement l’enveloppe spectrale représentative de tel ou tel son. Et ces représentations graphiques (polaroïds associés à la voix) varient d’une langue à l’autre, puisque les sons ne sont pas exactement les mêmes d’une langue à l’autre et que la position de la langue et de la mâchoire peuvent différer pour une même lettre prononcée dans deux langues différentes.

formants_web

source : notes de cours H-2016/C09 Vincent Verfaille

2. Les partitions permettent de donner certaines indications sur le plan sonore (rythme, hauteur du son), mais les spectres acoustiques nous fournissent plus d’informations.

partitions

source : notes de cours H-2016/C08 Vincent Verfaille

Il existe un système de notation pour le guqin (instrument chinois à 7 cordes) qui exploite des symboles-dessins, comme autant de métaphores qui servent d’indications de performance pour l’interprète (à lire : Robert Hans Van Gulik « The lore of the Chinese Lute »). Cette introduction à divers types de partitions ouvre des portes vers un univers fascinant. Non seulement les différentes explorations de notations sont intéressantes pour l’aspect graphique, visuel de la musique, mais aussi pour le rapport entre les systèmes de notations et les performances.

3. La richesse des sons qui nous entourent est insoupçonnée. Je n’avais jamais entendu si bien les sons environnants qu’au moment où je me suis mise à faire des captations avec un petit enregistreur ZOOM H4. On croit entendre les bruits qui nous entourent, mais lorsqu’on écoute un enregistrement de sons ambiants, on saisit l’ampleur des textures-couches sonores en présence. Ne serait-ce que les bruits associés aux systèmes de ventilation, pattes de chaises qui grattent le plancher, moteurs de véhicules, le vent… Mais j’ai eu la surprise en laboratoire avec Simon, le responsable, d’entendre pour la première fois une guitare. J’ai joué de la guitare pendant tout mon secondaire, mais jamais je n’avais entendu les harmoniques d’une corde pincée. Puisqu’une corde joue à une certaine fréquence, mais que les harmoniques de cette fréquence (octave, quinte, octave, tierce, quinte, septième, octave) sont aussi présentes. On a donc entendu la corde pincée une première fois et ses différentes harmoniques (individuellement) et lorsque la même corde a été pincée de nouveau, j’entendais la note de base enrichie de ses harmoniques. Une corde, des couches de sons! De nouvelles oreilles!

4. Le solfège est le langage de la musique. On peut très bien jouer dans la musique sans savoir comment s’articule la langue musicale, mais c’est un peu l’inverse avec l’usage du français. Dès l’enfance on apprend le français à l’école, on en apprend les rouages, on fait des dictées, on apprend comment bien accorder le participe passé, mais peut-être oublie-t-on dans le processus à jouer avec la langue. Oublie-t-on que la langue est matière ludique? Lorsqu’il est question d’écriture en ateliers, il y a beaucoup à déconstruire avant de s’exprimer librement et de s’amuser. J’ai bien envie de me lancer dans l’apprentissage du solfège. Une impression que peut-être entend-t-on le monde autrement avec ces clés de langage et que même mon écriture pourrait en être modifiée. Il semblerait que l’Université de Montréal offre différents cours de solfège dans son programme d’activités culturelles et que la méthode utilisée est efficace et permet une relative rapide compréhension des codes de la musique.


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